Cette conférence retracera les grandes lignes du développement urbain mis en place à Marrakech pendant le protectorat marocain et plus particulièrement pendant la période lyauteyenne. L’accent sera mis, d’une part, sur l’origine d‘une série de stéréotypes qui ont été « spatialisés » à travers la conception du plan de la ville et, d’autre part, sur la mise en valeur d’éléments communs entre la politique urbaine de la période coloniale et les plans de développement actuels de la ville. En effet, le colonialisme a produit, par le biais de la littérature et de l’art, une série d’images ayant alimenté un imaginaire collectif qui se sont par la suite concrétisées dans l’espace urbain.
Les descriptions littéraires et les tableaux orientalistes représentant un paysage exotique et envoûtant ont en effet influencé la perception de la ville et sa conception chez les urbanistes. De cette manière, les éléments du skyline de Marrakech (Haut-Atlas, Koutoubia, murailles, palmiers) ont été codifiés pour devenir les points de repère de la ville et les bases de la conception de son plan. Ces images ont, en outre, contribué à former un discours très cohérent sur le Maroc en général et sur Marrakech en particulier, qu’on retrouve encore aujourd’hui.
L’objectif de cette conférence est donc de déconstruire ce discours et de montrer comment celui-ci a été adopté par les Marocains après l’indépendance pour, paradoxalement, devenir partie intégrante du discours sur l’identité nationale.
Rachele Borghi est géographe, chargée des recherche à l'université Ca'Foscari à Venise.
Type : Conférence
Date : 27 avril 2010 à 10h
Lieu : Maison des Sciences de l'Homme, salle 147 33, allée Ferdinand de Lesseps, Quartier des Deux Lions, Tours.



